Soins palliatifs et accompagnement en maternité
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Auteur Fil de discussion: Adèle  (Lu 14371 fois)
francoise
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« le: 12 Octobre 2006 à 14:26:21 »

Bonjour

Je m’appelle Françoise et j’ai bientôt 36 ans. J’ai accouché le 29 août dernier d’une magnifique petite fille rose et joufflue, prénommée Adèle, mon deuxième enfant. Elle a vécu 9 jours.

Nous savions depuis le 5ème mois de grossesse (22SA) qu’elle ne pourrait pas vivre longtemps car elle avait une malformation cardiaque incompatible avec la vie et incurable (hypoplasie cardiaque).

Le cardiologue nous a assuré que notre bébé ne souffrait pas in utéro. Après la naissance, ce type de malformation met quelques heures, voire quelques jours avant de causer une insuffisance cardiaque fatale. En attendant, tant que le canal artériel ne se ferme pas naturellement, le bébé est tout à fait en bonne santé.

Ca a été absolument terrible d’apprendre cela, d’une violence extrême, j’ai eu mal au plus profond de mon être pendant des jours. Et j’ai mis du temps à réaliser, à accepter…

Les médecins ont commencé à nous parler d’interruption médicale de grossesse.

Je suis allée sur des forums où j’ai lu des témoignages de mamans ayant subi une IMG, beaucoup disaient leur profond regret de ne pas avoir pu croiser le regard de leur bébé, de ne pas avoir pu le serrer vivant dans leur bras.

Je suis tombée sur une rubrique parlant des soins palliatifs sur le site de Petite Emilie et j’ai réalisé que j’avais peut-être une alternative à l’IMG, ce que nous a confirmé le cardiologue :  nous pouvions aller à terme, vivre la naissance et la courte vie de notre fille, puis l’accompagner avec des soins palliatifs quand l’insuffisance cardiaque se manifesterait.

Sachant cela, et bien que l’espérance de vie de mon bébé n’était peut-être que de quelques heures, je n’arrivais pas à renoncer à l’idée de rencontrer mon bébé. Croiser son regard pour lui murmurer « c’est maman », le tenir tout vibrant de vie contre mes lèvres, ne serait-ce que pour quelques minutes…
Je sentais que je ne pourrais pas vivre avec ce regret là, c’était impossible pour moi, je ne m’en relèverais jamais.

Cependant, décider d’aller jusqu’au bout de la grossesse n’a pas été immédiat car je ne m’en sentais pas la force au début. Il restait encore 4 mois que j’imaginais pavés de souffrance pour moi et mon mari. Comment porter un enfant et continuer à s’attacher à lui alors qu’on sait qu’il va mourir ?

Dans un premier temps, j’ai cherché pendant plusieurs semaines une solution pour écourter la grossesse tout en mettant au monde mon bébé vivant, une sorte d’accouchement prématuré programmé. Mais aucun hôpital ne voulait accepter ce choix, je me suis débattue longtemps et contre tous avec cette idée fixe.

Pendant ce temps, les semaines passaient et mon bébé continuait à pousser dans mon ventre et dans mon cœur, je me laissais envahir par un amour sans limite pour lui. Je me suis aperçue que finalement cette grossesse n’était pas un chemin de souffrance, mais un chemin de vie, de bonheur au jour le jour, je me disais « jusque-là tout va bien ».
J’ai réalisé que je n’avais aucun pouvoir sur la mort, mais que sur la vie j’en avais un : pouvoir en profiter jusqu’au bout, tant qu’elle était là. C’était tellement bon de sentir mon bébé bouger dans mon ventre, je ne voyais plus de raison de hâter la mort, de toute façon j’aurai toute une vie à vivre après sans mon bébé.

Alors au début du 7ème mois ma décision était prise, nous irions jusqu’au bout.

Une fois cette décision posée, je me suis sentie beaucoup plus calme, sereine. J’ai réinvesti ma grossesse avec une intensité merveilleuse, en profitant de chaque moment. J’ai donc vécu une fin de grossesse très particulière, mais je l’ai vécue avec beaucoup de bonheur.
Il y a eu bien sûr des moments de grande tristesse dans cette attente, mais la joie dominait. Car tant que ce bébé était vivant au creux de moi, c’était un moment d’amour intense à partager avec lui.

Les dernières semaines de ma grossesse ont été empreintes d’impatience et d’angoisse mêlées, j’avais à la fois hâte de rencontrer enfin Adèle, et j’étais aussi terriblement stressée de cette naissance qui allait marquer le début du compte à rebours inéluctable.

J’ai pleuré en arrivant à la maternité car je savais que j’en ressortirais sans notre fille, mais ensuite je me suis vite recentrée sur la joie de la naissance imminente.
Cependant au bout de 24 heures de contractions, je n'étais qu'à 2 cm. Je me suis rendue compte que c'était peut-être moi qui bloquait, qui ne voulait pas lâcher prise, qui ne voulait pas laisser Adèle commencer sa trop courte vie, commencer son chemin vers la mort. Alors je me suis fâchée contre moi-même, et j'ai aussi fermement parlé à ma fille : "Adèle, on t'attend. Maintenant on a envie de tevoir, viens."

Tout s'est accéléré alors, j'ai eu l'impression que mon corps était pris d'assaut par les contractions. Tout juste le temps d'installer la péridurale et Adèle est arrivée peu de temps après, elle poussait toute seule, la sage-femme n'avait pas encore installé la table d'accouchement, Adèle avait pris son destin en main, elle arrivait...

Eblouissement, éclatement de joie, bouffée d’indicible bonheur que ce petit corps tout chaud, tout humide, vibrant de vie contre moi, posé sur mon cœur ! La vie pouvait s’arrêter là maintenant, je n’avais vécu cette attente que pour cette seconde de pur bonheur : tenir mon enfant vivant contre mes lèvres. Je l’ai regardée dans les yeux et je lui ai murmuré doucement « c’est maman… ». Il n’y avait plus aucune tristesse pour assombrir ce merveilleux instant, nous nous rencontrions enfin, nous nous reconnaissions…

A partir de ce moment-là, chaque minute, chaque heure, chaque jour supplémentaire a été un bonus, un cadeau précieux, inestimable, que notre petite Adèle nous faisait.

Après tout ce que nous avions lu sur sa malfo cardiaque, nous avions escompté 24 à 48 heures de bonne santé avant que l'insuffisance cardiaque ne se déclare (lorsque le canal artériel se fermerait naturellement). Nous savions qu'il y avait la possibilité que cela dure plus longtemps, mais nous n'avions pas osé espérer. Je n'avais d'ailleurs acheté que 3 pijamas.

Le premier jour a été tout à la joie, j’étais persuadée qu’il ne pouvait rien arriver dans les premières 24 heures. Adèle va très bien, elle est rose et joufflue, elle mange bien. Elle fait 2kg845 et mesure 48,5 cm. Elle est jolie comme un cœur, elle ressemble à Quentin, elle a le front et le nez de maman, la bouche et les orteils de papa.
Nous accueillons avec émotion Quentin qui vient voir sa petite sœur, nous sommes tous les quatre. Quel bonheur de serrer tous nos enfants contre nous, de faire cette belle photo de famille. Mon mari a pu rester avec nous, il avait un lit dans ma chambre pendant tout le séjour. Toute notre famille défile pour souhaiter la bienvenue à Adèle. C’était difficile de donner de notre précieux temps, et en même temps nous tenions tellement à ce qu’ils puissent ouvrir leur cœur à notre fille.

Le deuxième et le troisième matins ont été difficiles, car je me disais à chaque fois que c’était peut-être le dernier. Emotion intense du premier bain, j’écarte doucement la puéricultrice pour lui faire comprendre que je ne veux laisser à personne d’autre ce moment. Nous passons des heures à
regarder, bercer, embrasser notre petite Adèle.


Et puis au fil des jours, nous réalisons que rester à la maternité alors que notre bébé va bien n’a aucun sens, car c’est comme attendre qu’il meure puisque nous sommes enfermés hors du monde. Nous voulons rester du côté de la vie, intensément, en évitant de penser à demain, pour ne pas gâcher ces instants de vie, de joie.
Le 3ème jour nous faisons une balade dans les jardins de l’hôpital. Le 4ème matin, Adèle va toujours très bien, nous demandons à sortir. A 14h, nous rentrons chez nous.

Quelle joie, quelle bouffée de vie nous envahit ! Je réalise que pour mon mari, tout bascule à ce moment-là, son cœur chavire complètement. A la maternité, il était à pas feutrés, se sentant intrus en quelque sorte dans ce monde de femmes. A la maison, il est soudain libéré, je l’entends qui gazouille dans la salle de bain avec sa fille, il lui donne des petits noms, il veut prendre sa part dans tous les soins du quotidien.

Nous passons ainsi 4 jours et demi chez nous comme dans un cocon avec notre petite Adèle, à essayer de lui donner l’amour et les câlins de toute une vie. Nous reprenons doucement confiance dans la vie au fil des jours qui s’ajoutent. Nous faisons une grande fête de famille le dimanche midi, le champagne coule, les larmes aussi, nous sommes tellement heureux de pouvoir vivre ces moments-là au grand complet. Nous organisons aussi un goûter avec nos amis.

Encore une fois, partager ce temps précieux est à la fois un sacrifice et une grande joie, nous savons que nous bâtissons notre avenir en faisant preuve de générosité et d’ouverture à ce moment-là. Parce qu’ainsi nous aurons des souvenirs d’Adèle à partager, à pleurer.

Ce ne sont plus les matins qui m’angoissent, mais les nuits. Nous dormons très peu, à la fois parce que nous avons peur pour notre fille, et parce que nous ne voulons pas en perdre une minute. Je ne sais pas comment nous tenons le coup, mais je n’ai qu’une seule chose en tête : nous aurons bien le temps de dormir, après…

Nous avons attendu quelques jours après notre retour à la maison avant d’y faire revenir définitivement notre aîné car nous avions peur de ne pas être suffisamment disponible pour lui. Quand nous sentons que le moment est venu, c’est une explosion de bonheur ! J’ai vu le regard émerveillé et fier de Quentin lorsqu’il a découvert sa petite sœur à la maison, il lui a montré sa chambre, ses jouets. Nous avons fêté les « une semaine » d’Adèle avec gâteau, bougie et champagne. Ils ont bu ensemble leur biberon dans le grand lit entre papa et maman, j’adore cette photos de nous 4 en pyjama, les yeux encore gonflés de sommeil.
Nous étions profondément émus de ces moments d’intimité tous simples en famille, nous savions qu’il n’y en aurait pas d’autre, et quel prix ils auraient à nos yeux à l’avenir…

Le 9ème jour, Adèle venait de passer une nuit calme mais n’avait pratiquement pas bu depuis 24 heures, elle semblait fatiguée et sa respiration était rapide. Nous ne voulions pas attendre qu’elle commence à souffrir, le service de néonatologie avait un lit prêt pour elle depuis le départ.

C’est le cœur chaviré que j’ai pris ma fille dans mes bras pour l’amener à l’hôpital. Nous avions certes vécu plus de jours qui nous n’aurions imaginés, mais n’est-il pas toujours trop tôt ? Je ne me souviens pas avoir ressenti de colère ni de violence malgré le déchirement, nous acceptions, nous étions préparés, nous étions simplement tellement tristes…

Nous avons été installés tous les 3 dans une chambre où nous sommes restés dormir mon mari et moi. Nous étions ainsi en totale fusion pour accompagner notre fille jusqu’au bout, nous étions tout à elle. Nous passons ainsi les 24 dernières heures d’Adèle à la câliner, à lui chanter des chansons, à lui expliquer ce qui va arriver, à lui dire tout notre amour, tous nos regrets.

Quentin a pu revenir pour voir une dernière fois sa petite sœur, nous avons pu lui expliquer qu’elle est très malade et qu’elle va mourir. Les grands-parents aussi ont pu venir lui dire au revoir.

A la tombée de la nuit, le médecin a augmenté progressivement les antalgiques, et nous sommes certains qu’elle ne souffrait pas physiquement. Néanmoins cette dernière nuit a été
difficile, car Adèle a eu quelques moments d’angoisse où elle semblait paniquée. Les premières fois, je n’arrivais pas à la calmer, elle semblait refuser mes bras et ne plus me reconnaître. C’était déchirant …

Il m’a fallu du temps et beaucoup de larmes avant de comprendre que ma fille ne me rejetait pas, mais qu’elle avait peut-être peur de ce qu’elle sentait arriver. J’ai fini par trouver les gestes qui la rassuraient, il lui fallait une infinie douceur et des repères qu’elle connaissait : effleurer son front du bout des doigts, la bercer très lentement la main sur son ventre, lui faire entendre la petite berceuse de son lapin en peluche.
Je crois qu’ainsi elle se sentait en sécurité, comme dans mon ventre finalement, et elle s’apaisait. Moi aussi.

Au matin de son 10ème jour, le 7 septembre, elle a fait un arrêt cardiaque. Elle s’est éteinte dans nos bras, en quelques instants.

Nous sommes restés encore de longues heures avec elle, moments d’une infinie tendresse. Je l’ai lavée une dernière fois, je l’ai habillée avec son petit pyjama rose, nous l’avons longuement embrassée. Et nous sommes rentrés chez nous, sans elle, le cœur lourd mais en paix.

Elle est restée 3 jours au funérarium où je suis allée la voir tous les jours. J’ai continué à l’embrasser et à la prendre dans mes bras, j’étais tellement heureuse de pouvoir encore la voir.

Le jour de l’enterrement, j’ai tenu à la prendre dans mes bras pour un dernier câlin avant de la déposer moi-même dans son cercueil, avec les 2 doudous que je lui avais offerts, un petite rose que j’avais cueillie le matin dans notre jardin, une photo de nous quatre. Mes sœurs avaient brodé pour elle un ruban.

Cela fait maintenant 1 mois que nous avons enterré notre fille. Commencer notre vie sans elle est très dur, et de plus en plus dur.
J’ai été si forte pendant ces longs mois de grossesse, je me suis tellement battue pour pouvoir rencontrer ma fille, j’ai vécu tellement de bonheur pendant les 9 jours qu’Adèle nous a offerts…
J’ai continué à tenir, à faire face, à avancer. J’allais bien, j’arrivais jusque là à vivre sur le passé qui continuait à me porter. Ou plutôt m’anesthésiait. J’étais capable de raconter toute l’histoire sans une larme.

Depuis 1 semaine, je tombe, je tombe…
Mon petit bébé est mort, et je ne m’en étais pas vraiment rendu compte…
Autour de moi les amis me demandent si ça va mieux, ils espèrent que je commence à remonter la pente. Alors que je commence tout juste à la descendre, je commence à peine… Quelle pression tout à coup, quel vide affreux, quel sentiment de solitude…

C’est terriblement dur, et en même temps ça fait tellement de bien de pleurer. Enfin…
Je sentais que j’avais besoin de pleurer mais je n’y arrivais pas. Et je ne comprenais pas pourquoi je n’y arrivais pas.
J’ai réalisé que je ne parlais jamais de mon bébé, je racontais juste l’histoire de ma grossesse et le déroulement des évènements. Inconsciemment je devais sentir que ce sujet-là était trop sensible, je l’avais complètement occulté malgré moi.
J’ai mis le doigt dessus et depuis j’ai le cœur et les tripes en vrac, j’ai si mal, mon petit bébé est mort et je ne le serrerai plus jamais dans mes bras…

Je comprends pourquoi on se sent si seule dans ce deuil où les souvenirs sont toujours trop minces pour être partagés. Même le papa a parfois du mal à me comprendre.
Je comprends pourquoi nous avons tant besoin les unes des autres pour pouvoir continuer à faire vivre nos anges. Ca va déjà mieux depuis que je pleure vraiment, aujourd’hui je me sens moins mal, mais je réalise doucement qu’il va falloir vivre toute une vie avec cette blessure au fond du cœur. ça va être si long…

Je sais en tout cas que je n’ai aucun regret car nous avons tout vécu, tout donné, en accord avec notre cœur.
Sur la douleur de l’absence, je peux mettre aujourd’hui tout cet amour donné, tous ces câlins, tous ces baisers.
Chaque fois que les larmes reviennent, je pense à la douceur de sa petite tête contre ma joue, à son léger poids contre mon épaule, je regarde les photos, le film, et cela finit toujours par m’apaiser même si c’est terriblement dur.

Françoise
« Dernière édition: 10 Novembre 2006 à 15:58:19 par francoise » Journalisée

Maman de Quentin (né en 2004), Adèle petite étoile que nous avons accompagnée jusqu'au matin de son 10ème jour (hypoplasie cardiaque découverte à 22SA, née le 29/8/2006 et décédée le 7/9/2006), Thomas (né en 2007) et Baptiste (né en 2012).
isabelle
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« Répondre #1 le: 13 Octobre 2006 à 15:12:10 »

Bonjour Françoise,
MERCI de venir partager avec nous cette immense histoire d'amour...c'est un merveilleux cadeau que tu nous fais...
ton parcours recoupe, un peu à la fois, celui de toutes les mamans qui ont aussi accompagné comme toi leur tout-petit...même si on est toutes différentes...
et notre chagrin est à la hauteur de l'amour qu'on leur a donné...à savoir insondable, immense, sans mesure...
mais peu à peu, cette énorme blessure dont tu parles va tout doucement, avec mille hauts et bas, s'apaiser...elle ne disparait pas, on n'apprend à vivre avec, comme l'automne nous apprend à vivre dans le souvenir de la plénitude de l'été...
à très bientôt sur le forum
Bises
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« Répondre #2 le: 13 Octobre 2006 à 23:34:34 »

Chère Françoise,

L'histoire d'Adèle m'a énormément touchée, elle est si émouvante et si incroyable...cette petite fille qui a vécu au-delà de toute attente! Merci de nous partager tes ressentis, tu es tellement humaine! Et merci de nous partager ta tristesse... de mon côté, Adèle m'a fait pleurer de nouveau ma petite fille, et je suis heureuse d'être encore bouleversée comme ça! Ce qui est sûr, c'est qu'on ne les oublie pas ces petits bébés (c'était une de mes angoisses) quand bien même leur passage a été trop court...
 A très bientôt,

Florence

Psychologue et Maman de Augustin, 4 ans, Faustine, née et décédée le 26 janvier 2005 (nanisme thanatophore) et de Théodore, né le 25 mai 2005

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Psychologue et Maman de Augustin, 4 ans, Faustine, née et décédée le 26 janvier 2005 (nanisme thanatophore) et Théodore, né le 25/05/06
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« Répondre #3 le: 31 Octobre 2006 à 22:13:25 »

Chère Françoise,

C'est un témoignage particulièrement beau et touchant que tu partages. Il exalte et révèle toute la puissance de l'amour que toi et ton mari avez donnée à votre enfant Adèle. C'est magnifique!
Mais après la mort de l'enfant, vivre au quotidien son absence est très douloureux. Beaucoup de patience et de douceur envers toi- même sera nécessaire pour accepter certains jours de n'être pas bien et pour oser exprimer ton chagrin. Pourtant petit à petit, ces moments d'extrême souffrance s'espaceront et la douleur s'apaisera. C'est un chemin à parcourir, chacune selon son rythme et son histoire. Mais ce bonheur d'avoir accueilli Adèle et tous les souvenirs que vous avez eus avec elle resteront gravés dans votre coeur et vous aideront.

A bientôt,
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« Répondre #4 le: 02 Février 2007 à 15:37:30 »

Bonjour Françoise,

Merci pour ton message d'accueil de ce matin. Je viens d'aller lire ton témoignage et l'histoire de votre petite Adèle. C'est magnifique! Je te remercie de nous avoir fait partager cette belle histoire d'amour. C'est vrai, chacune de nos histoires est unique, comme nos petits boutchoux sont uniques... mais l'on retrouve des émotions, des similitudes dans cette "traversée du désert" que l'on vit après le départ de son enfant. Et malgré notre solitude (je crois inévitable), cela fait du bien de partager avec des personnes qui passent par les mêmes souffrances, et aussi par des moments de joie profonde et de communion.
Merci à toutes celles qui participent à ce forum, et pour tous ces beaux témognages.
A bientôt, Marie-Sylvine
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« Répondre #5 le: 05 Février 2007 à 12:10:27 »

Ma chère Françoise

Je ne peux pas relire l' histoire d' Adèle, je ne la connais que trop bien
Elle fait tellement partie de moi, de l' histoire de ma Rosa, elle fait tellement partie de nous

Adèle et Rosa, deux petites filles si déterminées, si fortes, si pleines de vie et d' amour, deux petits anges qui n' ont pas eu le temps de faire connaissance sur cette terre mais qui je n' en doute pas un instant se sont retrouvés bien vite là haut parmis tous les anges

Je me souviens encore si bien nos conversations téléphonique quand nous avions nos bébés d' amour bien à l' abri dans nos gros bidons, comme ensemble nous avons cheminés
Je me souviens le jour ou je t' ai appelé, le samedi 29/07 pour te dire que ma puce était bien née, et tout ce qu' elle avait pu nous donner, nous apporter, à toi qui portait encore ton Adèle

Je me souviens quand nous parlions des heures en attendant la future naissance de ta fille
Je me rappelle ce sms annoncant sa venue au monde, et tous ces jours qui ont suivit ou vous avez vécu le bonheur

Je me souviens du sms annoncant son départ vers les étoiles
J' avais demander à ma Rosa de se tenir prète à l' acceuillir et je ne doute point qu' elles se soient retrouvées immédiatement


Nous avons été si proche de vous, et pourtant tellement éloignés quand vous avez, à votre tour, accompagner en sa dernière deumeure votre petit ange

Je ne peux dissocier Adèle de l' histoire de ma douce Rosa
Je ne peux penser à toi autrement qu'à quelqu' un qui à une place toute particulière dans mon coeur, dans ma vie

Merci Françoise d' avoir traversé ma vie à ce moment là justement
Merci d' avoir été là et de vivre avec moi ce si long chemin et de m' avoir laisser t' accompagner à mon tour comme je l' ai pu

Je souhaites sincèrement à de futures paranges,  car malheureusement nous savons que celà ne s' arrêtera pas à nos anges, de se trouver ainsi pendant leur grossesse et de cheminer ainsi ensemble et de s' épauler, s' accompagner

Tendres pensées à nos filles et à tous les anges

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Sylvie, maman de 8 petits " chatons " d' amour, qui chaque jour ensoleillent notre vie, âgé(e)s de 14 ans à qqls mois, 4 filles et 4 garçons, et mamange d' une merveilleuse petite princesse, née à terme, si belle et douce, puis repartit bien trop vite jouer avec les anges, fin juillet 2006
francoise
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« Répondre #6 le: 05 Février 2007 à 21:34:07 »

Très très chère Sylvie

Je pleure en lisant ton gentil message, oh ma douce Sylvie, nous avons tant partagé depuis que nos chemins se sont croisés... J'ai tellement d'affection pour toi... Que d'émotions, de doutes, de joies, de larmes sur nos routes parrallèles, mes pas dans les tiens bien souvent. Ta petite Rosa est gravée dans mon coeur à tout jamais, elle est comme "la toute petite grande soeur" de mon Adèle. 

Avoir tout au long de ces mois trouvé en toi un mirroir à mes sentiments m'a aidé à tenir debout, à avoir confiance en moi dans cette attente où il n'y avait plus aucun repère connu, où tout le monde me regardait comme une extra-terrestre, parfois une illuminée, parfois une martyre. J'aurai pu me sentir tellement seule. Mais je voyais en toi mon reflet, un reflet tout à fait "normal" de maman éperdue d'amour pour son bébé, ça me rassurait beaucoup.

Je suis heureuse que nous puissions continuer nos chemins ensemble, et continuer à partager et faire vivre le souvenir de nos filles chéries.
Je t'embrasse très affectueusement

Françoise



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« Répondre #7 le: 26 Février 2007 à 15:53:32 »

Bonjour Françoise,
je sais que tu es loin en ce moment pour un bon temps de vacances bien méritées....mais tu trouveras ce message en rentrant....
Je voulais te dire combien ta petite Adèle peut être fière de sa maman...en plus, elle fait la Une de la presse....avec MAXI aujourd'hui...!!!
Nos tout-petits nous font connaitre de vraies aventures et deviennent vite "célèbres"...avec leur vie, si courte, mais pleine d'amour et qui touche tous ceux qui croisent leur chemin...
BRAVO à toi et à très bientôt quand tu seras rentrée...
Je t'embrasse
Isabelle
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« Répondre #8 le: 28 Février 2007 à 14:48:22 »

Bonjour Françoise,

Je viens te féliciter pour l'article paru dans Maxi. J'aime beaucoup le passage où tu dis: "je voulais rencontrer mon bébé"ou " mon accouchement a été un grand moment d'émotion: j'ai pu faire ressentir  à ma petite Adèle tout l'amour que j'avais pour elle" ou encore "mon mari et moi l'avons entourée, embrassée, calinée jusqu'à la fin". Tu as réussi en quelques lignes, à retranscrire l'essentiel de ce que t'a apporté Adèle et de ce que tu as pu avec ton mari lui donner.
Bravo à toi et à ta petite Adèle!

Grosses bises et à très bientôt,
Bénédicte
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« Répondre #9 le: 23 Mars 2007 à 18:54:49 »

chère françoise, c'était une joie de te rencontrer, ne pas être seules pour traverser ces épreuves, c'est notre force car seul, on ne peut rien. Ta petite Adèle était vraiment trop choutte et j'étais vraiment heureuse d'un peu mieux la connaître, elle qui fait tant parler d'elle!! Et puis en repartant chez moi, je pensais à ces six mois qui te séparent de sa naissance et de son départ, mais six mois, ce n'est rien, six mois, c'est hier et c'est si long sans elle. Je pensais à ma petite Marie-Clémentine et j'essayais de me souvenir comment j'étais six mois après. Et bien six mois après, je pleurais beaucoup, même si j'avais la joie d'attendre Ferréol, je ne voulais voir aucun bébé (c'était ma thérapie à moi!! ne pas voir de bébé, fuir les salles d'attente de pédiatre...seulement une fois, j'ai pris un bébé dans les bras, mais c'était un acte volontaire, incroyablement, j'avais peur des bébés, ces touts petits sans défenses me faisaient une peur bleue! )Je me disais, le premier bébé dont tu pourras t'occuper, ce sera son frère ou sa soeur...
Tout cela pour te dire que même si aujourd'hui, je n'ai pas pleuré, il y a eu des jours sans fin, des torrents de larmes...j'ai toujours accpeté ces larmes, je me disais qu'elles étaient bonnes et qu'elles me permettaient d'aller au fond  de ce que j'avais à vivre avec ma fille.
Alors merci pour Adèle, si jolie, si précieuse.
Pascale
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Pascale, maman d'Adélaïde, Hilaire, Séverin, Marie-Clémentine(née le 9 février 2003, née au ciel le 10 février2003) Ferréol, Céleste
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« Répondre #10 le: 23 Mars 2007 à 19:16:58 »

cette fois-ci, je te dis bonsoir, en direct!
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« Répondre #11 le: 25 Mars 2007 à 09:42:03 »

Merci Pascale !
pouvoir rencontrer des mamans comme toi et vous toutes, qui sont plus loin sur le chemin, me montre combien nos bébés nous renforcent, et comment au fil du temps ils prennent leur pleine place lumineuse dans vos vies. Je vous ai trouvé incroyablement "vivantes", il y a une intensité dans vos regards et je me suis sentie si proche de vous.

Je sais que malgré des périodes sombres de chagrin, ce qu'on a vecu auprès d'eux nous porte pour retrouver le sourire et nous souvenir de tous les moments intenses et heureux qu'on a vécu dans leur attente, dans leur naissance et dans les moments d'amour partagés.

Souvent je me dis que malgré le terrible destin de ma fille, là où il aurait pu n'y avoir que mort, larmes, isolement et silence si j'avais opté pour l'IMG, j'ai pu ajouter vie, joie, baisers, caresses, chaleur, vie de famille, partage, réelle reconnaissance d'Adèle = sur le chemin du deuil, c'est ça qui assèche mes larmes et me ramène vers le soleil à chaque fois, avec confiance. Et qui me permet de continuer à avancer sereinement dans la vie.

Bien à toi Pascale, et bon baisers à toutes
Françoise







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« Répondre #12 le: 25 Mars 2007 à 23:12:47 »

Coucou Françoise,  Wink
quelle joie de te retrouver sur le forum...c'est vrai que de mettre un visage sur les voix ou les messages...c'est génial...
on va vite ouvrir une nouvelle rubrique "Rencontres de mamans"...cela fera plaisir à toutes de pouvoir les organiser mais c'est vrai qu'on est un peu éparpillé...il faudra inventer qqchose pour se retrouver!!! Smiley
Je sais que la période est difficile pour toi...six mois c'est tellement peu...tu dois encore ressentir son absence dans les "tripes"...et cela fait tellement mal...
mais appuie toi de toutes tes forces sur cet amour partagé avec ta puce...elle l'a emporté avec elle comme le trésor de sa vie...
peu à peu tout doucement, tu verras , les turbulences finissent par s'apaiser...tu peux en être sûre...
Bonne nuit à toi et courage pour ta vie bien chargée entre le boulot, les voyages, la famille et ton deuil à mener...c'est en plus très fatiguant et on ne s'en rend pas compte sur le coup...
je t'embrasse de tout coeur  Kiss
Isabelle
Journalisée

Maman d'Aude, Edouard, Hugues, Laurent et Emmanuel, né et décédé le 18 février 2002 (trisomie 18 et hernie du diaphragme, décelés à 12 SA)
bricelpi
Newbie
*
Messages: 3


« Répondre #13 le: 04 Juin 2007 à 15:37:33 »

chere adele,bonjour
cette histoire m'a fortement touche ,je ne sais pas que te dire.franchement tu es une predestinee de DIEU.Qu'il continue a te soutenir et te donner encore de la vigueur,de sorte que eventuellement tu t'en sortes encore.
je veux que tu m'ecrive par cette adresse;ngouamamissamou7@yahoo.fr
QUE DIEU TE BENISSE.
Journalisée
Lucy
Invité
« Répondre #14 le: 29 Août 2007 à 13:19:09 »

Françoise,
Je voulais juste te dire que je pense très très fort à toi et ta petite Adèle.
J'espère que la journée d'aujourd'hui et les jours qui suivront ne seront pas trop durs. J'espère que tu es bien entourée ces jours-ci.
Enfin, j'espère qu'on se reverra quand tu veux d'ici quelques temps.
Je suis de tout coeur avec toi.
Je t'embrasse
Lucy
Journalisée
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